Portrait de Pascale – Fromagerie Saint-Paul à Rezé

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À deux pas de l’Eglise Saint-Paul à Rezé, ville de la région nantaise, se trouve la Fromagerie Saint-Paul depuis 2014 imaginée et crée par Pascale. Découvrez son histoire à travers notre portrait interview.

Quel a été ton déclic pour ouvrir la Fromagerie Saint-Paul ?

C’est une conversation avec mon mari à un moment où je cherchais à faire une reconversion. À presque cinquante ans, je ne retrouvais pas de travail. Il n’y avait pas de fromagerie en Sud-Loire. Nous habitons sur le lieu de la fromagerie donc on connaît bien le quartier et tout le sud Loire et on s’est dit « Pourquoi pas ? », on avait un grand garage et on s’est dit que ça s’y prêtait bien. C’était un garage double et on l’a complètement aménagé !

Et pourquoi une fromagerie à Rezé et pas un autre commerce ?

Parce qu’il n’y en avait pas par ici… À un moment, on avait pensé à une crêperie, mais moi, je ne voulais pas travailler le soir. J’ai fait un DUT GEA à cinquante ans, je n’en suis pas sortie major, mais deuxième, presque ! J’avais des compétences pour gérer une entreprise, j’ai fait une étude de marché et d’autres choses que j’ai appris à faire. Et puis ça me correspondait ! Le fromage, c’est un produit auquel il faut faire attention, mais ce n’est pas périssable du jour au lendemain, pas comme le poisson par exemple ou encore les fleurs… Et c’est vrai que niveau qualité de vie, ça nous correspond bien. Enfin, on ne jette pas, on mange ! Tout ce que l’on vend, on est censé pouvoir le consommer que ce soit le vin ou le fromage. Il y a toute une éducation au fromage.

 

 

Et qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton métier ?

Le fait de vendre du plaisir aux gens. Globalement, les gens ne sont pas obligés de venir chez moi, le fromage ce n’est pas indispensable alors quand ils viennent, c’est qu’ils sont motivés et qu’ils ont envie de se faire plaisir. Donc j’aime leur dénicher des petites pépites, des produits qui leur plaisent vraiment.

Qu’est ce que tu apprécies dans le fait d’avoir ta propre boutique ?

L’autonomie, l’indépendance, le choix des produits… C’est moi qui choisi ce que je veux vendre, quels horaires appliquer etc. J’apprécie aussi la proximité parce que je suis chez moi donc je n’ai jamais de bouchons dûs à la circulation. En ville il y a des manifestions et nous, on est très protégés ici aussi. On a de la circulation, mais suffisamment pour se faire connaître et pas assez pour gêner nos clients. L’empreinte carbone pour aller travailler, elle est de zéro !

Si tu devais me donner trois mots qui te définissent le mieux ?

La rigueur sûrement, l’organisation et puis le relationnel.

Et les trois mots qui définissent le mieux ton savoir-faire et la Fromagerie Saint-Paul ?

On est haut-de-gamme. Ce que recherchent les gens qui viennent à la Fromagerie Saint-Paul, c’est de la convivialité, on rigole beaucoup dans la boutique. On est exigeants, on refuse si un produit arrive et qu’il ne nous convient pas même si le fournisseur propose un prix, je refuse. Ça m’est déjà arrivé sur un Beaufort et je refuse parce que ça ne m’intéresse pas de vendre des mauvais produits. On faisait pas mal de virées à moto dans les Pyrénées à la rencontre des producteurs et dans la Savoie, on a traversé la France pour les rencontrer ainsi que les affineurs.

Est-ce qu’il y a un compliment d’un client qui t’as touchée plus qu’un autre ?

Alors c’est un message sur Messenger qui disait « Merci pour votre accueil chaleureux ». Parfois, je passe un coup de téléphone directement à un fournisseur afin d’obtenir le produit pour un client. Il y a aussi des petites mamies qui viennent pour discuter donc ce n’est pas pour rien, c’est énorme. Il y a aussi les clients qui disent « Ah, je pensais que ça serait plus cher », on essaie de ne pas les assommer.

Quel est le produit de la Fromagerie Saint-Paul que tu préfères ?

Le roquefort ! Après, c’est très personnel ça. Et d’ailleurs, le roquefort que l’on vend provient du plus petit producteur de roquefort de France qui, selon nous, est le meilleur !

Si tu devais faire découvrir un fromage au plus grand nombre, ça serait lequel ?

La Tomme de chèvre grise au bleu, elle est assez extraordinaire et atypique. Tous ceux à qui on le fait goûter sont fans !

Aujourd’hui, de qui es-tu entourée ?

Les fournisseurs, certains dont je suis très proche et en qui j’ai totalement confiance. Je suis aussi accompagnée par mon expert-comptable.

Où te vois-tu dans dix ans ? 

À la retraite, mais alors vraiment à la retraite, et même avant dix ans, j’espère bien ! Pour moi dans quatre à cinq ans, je laisse ma place.

Et dans l’idée, tu aimerais que quelqu’un reprenne la fromagerie ?

Dans l’idéal, je serais ravie que la fromagerie Saint-Paul demeure. Quand je parle de mon départ, plein de gens autour de nous me disent « mais non… ». Parce que, comme ils disent, ça a donné de la valeur à leur maison. Mais on verra ce qu’il y a à faire car elle est vraiment collée à la maison…

Tu as un mot de la fin ?

La fromagerie Saint-Paul m’a beaucoup apportée, c’est une aventure enrichissante. Les fromages ça te fait voyager dans le temps parce que les fromages ont une histoire, certains ont une très vieille histoire. Dans l’espace, aussi, parce que tu découvres des régions et tu fais découvrir les régions, tu emmènes tes clients dans la France. On a fait ce pari un peu fou d’ouvrir ici, et le pari est réussi au bout de huit ans, on en est très satisfaits.

Encore une fois, ce fut un plaisir de pouvoir échanger avec un artisan passionné, merci à Pascale de nous avoir accueilli (et régalé avec du comté). On espère que cet échange vous a donné envie de vous rendre à La Fromagerie Saint-Paul à Rezé !